Un comité
spécifique est mis en place lorsqu'un ensemble de sociétés
forme un groupe composé d'une société dominante
et de ses filiales. La délégation du personnel est nécessairement
constituée d'élus des comités d'entreprise ou d'établissements.
Ce comité de groupe est destinataire des informations économiques
et financières concernant le groupe. Son existence n'exonère
pas les entreprises de leur obligation d'organiser l'élection
d'un CE.
Un comité
d'entreprise européen est mis en place dans les grandes entreprises
employant plus de 1 000 salariés dans l'Union européenne,
avec deux établissements comprenant un minimum de 150 salariés
implantés dans au moins deux États membres. Ce comité
fonctionne selon des règles qui lui sont propres.
Quels
sont les moyens de fonctionnement du CE ?
Le CE dispose de
deux subventions distinctes :
-
la
subvention de fonctionnement, versée tous les ans et égale
à 0,2 % de la masse salariale brute ;
-
la contribution
aux activités sociales et culturelles. Aucun taux n'est imposé
par le Code du travail. Toutefois, les sommes attribuées au
CE ne peuvent pas être inférieures au montant le plus
élevé des dépenses sociales réalisées
par l'entreprise au cours des 3 années précédant
la prise en charge des uvres sociales par le comité d'entreprise.
Une fois fixé, le budget ne peut plus être révisé
à la baisse par l'employeur.
Un crédit
d'heures et la liberté de déplacement
Les membres élus
titulaires disposent d'un crédit d'heures d'une durée
de 20 heures par mois, considérées comme temps de travail.
Le temps passé en réunions du comité d'entreprise
et des commissions obligatoires ne s'impute pas sur le crédit
d'heures. Les représentants syndicaux dans les entreprises de
plus de 500 salariés disposent d'un crédit d'heures de
20 heures par mois. Les membres du CE peuvent utiliser leur crédit
d'heures pour se déplacer hors de l'entreprise, dans l'intérêt
de leur mandat, organiser des réunions avec les salariés
ou encore prendre contact avec ceux-ci sur leur lieu de travail.
Un local aménagé
L'employeur met
à la disposition du CE un local aménagé et le matériel
nécessaire à son fonctionnement (téléphone,
mobilier, photocopie...) comprenant au moins une armoire fermant à
clé.
Du personnel
Le comité
d'entreprise peut être employeur. Il peut donc recruter le personnel
nécessaire à son fonctionnement.
Quelle
est la protection des membres du comité d'entreprise en cas de
licenciement ?
Les membres titulaires
et suppléants du comité d'entreprise ainsi que les représentants
syndicaux ne peuvent être licenciés sans l'autorisation
de l'inspecteur du travail. Cette procédure s'applique également :
-
pendant
6 mois aux anciens élus des dernières élections
et aux anciens représentants syndicaux s'ils ont exercé
leur mandat pendant au moins 2 ans ;
- pendant 6 mois
aux candidats non élus aux dernières élections ;
-
au premier salarié
qui a demandé l'organisation des élections ou qui a
accepté de les organiser si son initiative est confirmée
par une organisation syndicale. La protection, d'une durée
de 6 mois, s'applique à compter de cette confirmation.
Comment
le CE fonctionne-t-il, quelles sont ses attributions ?
La consultation
est l'une des attributions essentielles du comité d'entreprise :
il est obligatoirement informé et consulté sur les questions
intéressant l'organisation, la gestion et la marche générale
de l'entreprise et, notamment, sur les mesures de nature à affecter
le volume ou la structure des effectifs, la durée du travail,
les conditions d'emploi, de travail et de formation professionnelle
des salariés.
Le
Code du travail prévoit des consultations annuelles (aménagement
du temps de travail, bilan social, congés payés, égalité
professionnelle, évolution des emplois et des qualifications,
formation professionnelle, recherche) ainsi que des consultations ponctuelles
et spécifiques (règlement intérieur, introduction
de nouvelles technologies, organisation de l'entreprise, projets de
licenciements économiques et mise en place du plan de sauvegarde
de l'emploi...).
La consultation
doit impérativement précéder toute prise de décision
par l'employeur, sauf cas particulier visé ci-dessous en cas
d'OPA ou d'OPE. C'est l'occasion pour les membres du CE de formuler
des propositions et d'obtenir des réponses à leurs interrogations.
La consultation se fait à l'occasion :
Par
dérogation au principe de consultation préalable du CE,
le chef d'entreprise n'est pas tenu de consulter le comité d'entreprise
avant le lancement d'une offre publique d'achat (OPA) ou d'une offre
publique d'échange (OPE) portant sur le capital d'une entreprise.
En revanche, il doit réunir le comité d'entreprise dans
les deux jours ouvrables suivant la publication de l'offre en vue de
lui transmettre des informations écrites et précises sur
le contenu de l'offre et sur les conséquences en matière
d'emploi qu'elle est susceptible d'entraîner..
Préalable
obligatoire à la consultation : l'information du comité.
Cette information prend la forme d'une remise de documents comptables,
administratifs, sociaux... Les débats s'achèvent sur un
vote des membres élus. Les représentants syndicaux n'ont
qu'une voix consultative. Le chef d'entreprise n'a pas le droit de vote,
à moins qu'il ne s'agisse de prendre des décisions sur
le fonctionnement même du comité (désignation des
membres du bureau...). Les délibérations sont consignées
dans un procès-verbal, établi par le secrétaire
du comité d'entreprise. Ce procès-verbal doit être
adopté à la réunion suivante avant affichage ou
diffusion dans l'entreprise.
Le
procès-verbal est un document important dont la production peut
être demandée par l'Administration, notamment à
l'occasion de l'instruction d'une demande d'aide publique ou du dépôt
d'une déclaration comme la déclaration fiscale sur la
formation professionnelle.
Quels
sont les moyens dont dispose le CE pour remplir ses attributions économiques ?
Afin, notamment,
d'analyser les informations et les documents transmis impérativement
par l'employeur avant toute consultation, le comité d'entreprise
peut recourir à :
-
un
expert comptable rémunéré par l'entreprise ;
- un expert en
technologie rémunéré par l'entreprise. Le recours
à cet expert n'est toutefois possible que s'il existe un projet
important d'introduction de nouvelles technologies dans les entreprises
de plus de 300 salariés ;
-
un expert libre,
spécialisé dans un domaine pour lequel le CE souhaite
une assistance (commerciale, juridique...) et rémunéré
par le comité, sur son budget de fonctionnement.
Une formation
Les membres titulaires
ont droit à une formation économique d'une durée
maximale de 5 jours, organisée par des organismes spécialisés.
Le coût de la formation est financé par le budget de fonctionnement
de l'entreprise tandis que l'employeur a l'obligation de maintenir les
rémunérations.
Le droit d'alerte
En cas de situation
économique préoccupante, le CE peut exercer un droit d'alerte
lequel permet de demander :
-
des
explications à l'employeur qui est tenu d'y répondre ;
- une expertise
auprès des tribunaux ;
-
la récusation
du commissaire aux comptes. Autre domaine d'exercice du droit d'alerte :
le recours abusif aux contrats à durée déterminée
et aux contrats de travail temporaire. Lorsqu'il constate un tel recours
ou un accroissement important de salariés titulaires de ces
contrats, le CE peut saisir l'inspecteur du travail. Celui-ci relève,
s'il y a lieu, les infractions et dans tous les cas, adresse à
l'employeur un rapport sur les constatations qu'il a effectuées.
L'employeur communique ce rapport au CE accompagné de la copie
de sa réponse motivée adressée à l'inspecteur
du travail.
Quelles
sont les activités sociales et culturelles organisées
par le CE ?
Financées
sur un budget spécifique attribué par l'entreprise, les
activités sociales et culturelles sont organisées et développées
par le comité d'entreprise en faveur des salariés, des
anciens salariés et de leur famille. Il s'agit de prestations
non obligatoires légalement, fournies aux personnes pour leur
bien-être ou l'amélioration de leurs conditions de vie.
Ces activités touchent donc aux loisirs, aux vacances, au sport,
à la culture mais peuvent également prendre la forme d'une
participation à la prise en charge d'une mutuelle de santé,
d'une cantine ou, par le biais du titre emploi service notamment, du
coût d'un emploi à domicile ou de services rendus à
des personnes hors de leur domicile, destinés à faciliter
la vie quotidienne de familles, de personnes âgées ou handicapées.